Les structures de phrases : le sujet, le verbe, et ce qui vient après (CDV, CIV, attribut du sujet, compléments de phrase). En 11 étapes, avec la fameuse formule P → GS + GV (V + …).
Chaque étape part d'un exemple tiré de tes feuilles, puis donne la règle et un exercice dont tu peux ouvrir la correction. Les couleurs sont celles de ton cours : vert pour le sujet, rose pour le verbe, jaune pour le complément. Les encadrés jaunes ⚠️ montrent les pièges, et l'étape 10 reprend ton contrôle.
Une phrase verbale tourne autour d'un verbe conjugué à un mode personnel. Une phrase non verbale n'en a pas : elle tourne autour d'un autre mot.
« Silence ! » « Au secours ! » « Magnifique ! » « Ne pas fumer. » « Dehors ! »
Ce sont de vraies phrases (une majuscule, un point), et on les comprend parfaitement. Pourtant, aucune n'a de verbe conjugué. Ce sont des phrases non verbales, et chacune est construite autour d'un mot différent.
| Le mot central | Le nom du groupe | Exemple |
|---|---|---|
| un nom | GN, groupe nominal | Silence ! · Quelle belle journée ! |
| un nom précédé d'une préposition | GNP, groupe nominal prépositionnel | Au secours ! · En voiture ! |
| un participe ou un adjectif | groupe adjectival | Magnifique ! · Interdit aux chiens. |
| un infinitif | groupe infinitif | Ne pas fumer. · Agiter avant usage. |
| un adverbe | groupe adverbial | Dehors ! · Vite ! |
Phrase verbale : elle s'organise autour d'un verbe conjugué à un mode personnel. Les modes personnels, ce sont ceux qui ont des personnes (je, tu, il…) : l'indicatif, le subjonctif, l'impératif. Un infinitif ou un participe ne suffit pas.
Tu as écrit qu'une phrase verbale s'organise « autour d'un sujet ». Non : autour d'un verbe conjugué. Le sujet est important, mais ce n'est pas lui le centre.
Les cases du tableau demandent le mot central ou le nom du groupe : « d'un nom → GN » (pas « groupe nominal » dans la première case), « nom précédé d'une préposition → GNP » (pas « attribut du sujet »), « d'un adverbe → groupe adverbial » (pas « groupe verbal »).
La formule, c'est la recette d'une phrase. Elle dit de quels morceaux elle est faite, dans l'ordre. Chaque phrase verbale a au moins un sujet et un verbe.
Trois morceaux : qui fait l'action (le meurtrier), l'action (porte), et ce qu'il porte (un sac poubelle). La formule le dit en abrégé :
P → GS + GV (V + CDV)
| Signe | Se lit |
|---|---|
| P | la phrase |
| → | « est composée de… » |
| GS | un groupe sujet (ta prof écrit aussi GNS, groupe nominal sujet : c'est pareil) |
| + | et… |
| GV | un groupe verbal |
| (V + …) | ce qu'il y a dans le groupe verbal : le verbe et son complément |
Les compléments du verbe (CDV, CIV, attribut) vont dans la parenthèse : ils font partie du GV. Les compléments de phrase (CC) vont dehors, à leur place dans la phrase : P → CC + GS + GV (V + CDV) pour « Malheureusement, il a renversé son thé ».
Certains verbes se suffisent à eux-mêmes : on ne peut rien leur coller derrière comme complément. Ce sont les verbes intransitifs. Le signe Ø veut dire « rien ».
La phrase est complète. On ne peut pas « partir quelque chose ». Formule : P → GS + GV (V + Ø). Ta prof écrit parfois simplement GS + GV.
On peut ajouter des compléments de phrase (« Il part demain »), mais ils ne changent rien au verbe : P → GS + GV (V + Ø) + CC.
Verbe d'action intransitif → pas de complément du verbe. Sur ta fiche : « Verbes intransitifs : / ».
« Verbes intransitifs : … » : tu as écrit « verbe d'état ». Non, ce sont deux familles différentes. Le verbe d'état a un attribut (étape 7). Le verbe intransitif n'a rien : on écrit / ou Ø.
À l'exercice 5, la formule « GV (V + Ø) + CC de lieu » demandait un verbe sans complément, plus un lieu. « Elle regarde l'arbre du jardin » a un CDV (l'arbre). Exemple de ta prof : « Mon téléphone s'est cassé au parc. »
Le complément direct du verbe, c'est l'être ou la chose sur lequel s'exerce l'action. Il est direct : pas de petit mot (à, de…) entre le verbe et lui.
Pour trouver le CDV : pose la question « quoi ? » ou « qui ? » juste après le verbe. Il porte quoi ? un sac poubelle.
« Le suspect donne son alibi. » → « Le suspect donne. » Il manque quelque chose.
« Je mange une pomme. » → « Une pomme, je mange. »
« Il explique la situation. » → « Il l'explique. »
Verbe d'action transitif direct → CDV. Formule : P → GS + GV (V + CDV). Le pronom qui le remplace : le, la, l', les (et aussi me, te, nous, vous).
Le pronom s'accorde avec le CDV. « Le suspect pèse cent kilos » : cent kilos, c'est un pluriel, donc « il les pèse ». Tu as écrit « il la pèse ».
Le complément du nom n'est pas un CDV. Dans « Il saisit un couteau », un couteau est CDV. Dans « sur la pointe des pieds », des pieds complète le nom pointe : c'est un complément du nom (CN). Tu l'as bien vu dans le poème de Carême.
Le complément indirect du verbe est relié indirectement au verbe : une préposition (à, de, en, dans, sur…) se glisse entre les deux.
On s'occupe de quelque chose. On va quelque part (en prison, à la mer, dans sa chambre). Sans le complément, la phrase boite : « Le voleur est allé. » Allé où ?
Verbe d'action transitif indirect → CIV. Formule : P → GS + GV (V + CIV).
Le pronom qui le remplace : lui, leur (à quelqu'un), en (de quelque chose), y (à quelque chose, ou un lieu).
« Il lui téléphone. » Pas de préposition visible… mais lui veut dire à lui : on téléphone à quelqu'un. C'est un CIV. Formule : P → GS + GV (V + CIV). Au contrôle, tu as écrit « attribut du sujet ».
Les verbes de lieu (aller, rester, habiter…) ont souvent un CIV : « L'assassin reste dans sa cellule. » Sans lui, la phrase n'a plus le même sens.
Pour le pronom de « Le voleur est allé en prison », c'est y : « Il y est allé. »
Certains verbes demandent deux compléments. On donne quelque chose (CDV) à quelqu'un (CIV). On parle de quelque chose (CIV) à quelqu'un (CIV).
Formule : P → GS + GV (V + CDV + CIV).
Formule : P → GS + GV (V + CIV + CIV).
Dans « La victime offre un cadeau aux enquêteurs », tu as souligné « un cadeau aux enquêteurs » d'un seul trait et noté CIV. Il y a deux morceaux : un cadeau (direct, CDV) et aux enquêteurs (avec « aux » = à les, CIV). Le test des pronoms le prouve : « Elle le leur offre », deux pronoms, deux compléments.
Au contrôle, « Jules lit une histoire à Marie tous les soirs » : tu as oublié le CIV. Formule : P → GS + GV (V + CDV + CIV) + CC.
« Coupez-lui une part. » : voilà un CIV (lui) + un CDV (une part). Ta réponse « Coupez-en lui » n'est pas correcte en français.
Après un verbe d'état (on dit aussi une copule), le complément ne subit aucune action : il dit comment est le sujet. C'est l'attribut du sujet.
De bonne humeur, c'est le policier. Un dangereux criminel, c'est Pietro. L'attribut et le sujet désignent la même chose. Le verbe sert juste de pont, comme un signe « = ».
être, paraître, sembler, devenir, demeurer, rester, avoir l'air, passer pour. Formule : P → GS + GV (V d'état + attribut du sujet).
Le test : remplace le verbe par être. « Le policier est de bonne humeur » : ça marche, c'est un attribut.
« avoir l'air » est un verbe d'état, pas « avoir » tout seul. « Le téléphone a l'air en bon état » → GS + GV (V d'état + attribut du sujet). Au contrôle, tu as mis CDV. Et dans ta liste de verbes d'état, tu as écrit « avoir » seul.
« Il est parti » : pas d'attribut. Ici, est parti est le passé composé du verbe partir : est n'est qu'un auxiliaire. Tu l'avais bien vu dans l'exercice 2.
Ne t'arrête pas au verbe. « L'arme du crime semble bien cachée » : tu as écrit « (V état) ». Il manque l'attribut : (V d'état + attribut du sujet).
Les compléments de phrase (ou compléments circonstanciels, CC) ajoutent des précisions : où, quand, pourquoi, comment… Ils sont facultatifs : on peut les enlever.
Enlève « la semaine précédente » : « Il avait reçu des menaces. » La phrase tient toujours debout. Déplace-le : « Il avait reçu des menaces la semaine précédente. » Ça marche aussi. C'est un complément de phrase.
| Test | Complément du verbe (CDV, CIV, attribut) | Complément de phrase (CC) |
|---|---|---|
| Le supprimer | Non : « Je vais à la mer » → | Oui : « Je serai absent demain » → « Je serai absent. » |
| Le déplacer | Non : | Oui : « Parce qu'il est fatigué, il dort. » |
| Le remplacer par un pronom | Oui : « Il explique la situation » → « Il l'explique. » | Non : « Il l'explique calmement » (sauf parfois en et y pour un lieu) |
Autre truc : un CC peut se glisser dans « c'est … que » : « C'est hier qu'il est arrivé. »
Où ? dans le parc
Quand ? Combien de temps ? hier, soudain
Pour quelle raison ? parce que, puisque, car
Quelle est la conséquence ? si bien que, de sorte que
Dans quel but ? pour, afin de
De quelle manière ? rapidement, furtivement, en catimini
Par quel moyen ? Avec quoi ? en voiture, grâce aux journaux
Cause ou conséquence ? La cause vient avant dans le temps : « J'étais en rage parce que j'avais vu ce type… » → cause. La conséquence vient après : « …de sorte que je pus apercevoir un éclair » → conséquence.
Manière ou moyen ? Le moyen, c'est un outil ou un véhicule (en voiture, grâce aux journaux). La manière, c'est comment on fait (furtivement, en catimini = discrètement). « Furtivement dans les buissons » contient deux CC : furtivement (manière) et dans les buissons (lieu).
« Soudain » dit quand : c'est un CC de temps.
Lis bien la question. « Relis le texte en supprimant les éléments soulignés. A-t-il encore du sens ? » Tu as répondu « non », puis expliqué que le texte garde son sens. La bonne réponse est oui : on perd des précisions, mais les phrases restent correctes. C'est justement la preuve que ce sont des CC.
Maintenant, on assemble tout. Pour chaque phrase : trouve la formule toi-même, puis touche le bouton pour vérifier.
Verbe passif → complément d'agent : « Le cadavre a été retrouvé par le jardinier. » Verbe présentatif (voici, voilà, il y a, c'est) → complément du présentatif : « Voici l'heure du crime. » Verbe impersonnel (il faut, il pleut…) → complément du verbe impersonnel : « Il faut du courage. »
C'est l'inverse : on part de la recette, on construit la phrase. Le truc : choisis d'abord le verbe, celui qui accepte le bon complément.
« Le jeune garçon se promène dans le jardin » pour (V + CIV) + CC de but : il n'y a ni CIV ni but. « Ces personnes avaient mangé une tarte aux pommes avant de jouer » pour (V + CDV + CIV) : le CIV manque (manger qqch à qui ?), et tu as ajouté un CC qui n'était pas demandé. Coche chaque morceau de la formule dans ta phrase avant de passer à la suivante.
Tes erreurs une par une, avec la bonne réponse et la raison. Elles reviennent à trois familles : les mots de la théorie, le CIV oublié ou mal reconnu, et l'attribut.
Le poème de Carême (CDV, CIV, complément du nom, sujet inversé « la victime ») : tout juste. Le tableau des nuances (manière, temps, cause, lieu, conséquence, moyen, but) : tout juste. Les attributs « oui ou non » : tout juste. La méthode est là : il reste à la tenir jusqu'au bout de chaque phrase.
Toutes les définitions en cartes. Lis le mot, dis la définition dans ta tête, puis touche la carte pour vérifier.